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 Les Fresques Ancestrales, Cycle 3

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Humeur : Gneuh.
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MessageSujet: Les Fresques Ancestrales, Cycle 3   Jeu 18 Mai 2017 - 18:42

Cycle 3




Informations Principales

Titre de votre RPG : Les Fresques Ancestrales, Cycle 3.
Créateur(s) : Kao

Genre principal : Fantasy.
Sous genres : Heroic Fantasy

Scénario


Précisions

Particularités à précisées pour le déroulement du RPG ?
Précisions ajoutées par l'auteur

Personnages cités dans le scénario : Kao, Aylana, Chizu...
Lesquels peuvent être joué ?

Source d'inspiration


Codé par Kao ©️
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Emploi/loisirs : Être fou
Humeur : Fou et tout simplement fou
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MessageSujet: Re: Les Fresques Ancestrales, Cycle 3   Dim 6 Aoû 2017 - 13:12

Longtemps après la chute du Mereti et de l’humanité, en l’Ère Première, de nombreuses petites communautés s’étaient développées. Majoritairement composées d’humains elles étaient presque toujours dirigées d’une main de fer par des Abyssiens devenus riches suite à la guerre.
Parmi ces nombreux villages il y en avait un caché au cœur d’une grande forêt, ce qui lui avait valu le nom de La Clairière. La vie y était paisible, et pour la première fois, humains et abyssiens vivaient en paix.
Ce lieu abritait aussi la demeure d’un vieil homme au nom oublié depuis de nombreuses années. Il avait recueilli par bonté un petit orphelin dont les parents avaient été emportés par une des nombreuses attaques des monstres, qui pullulaient désormais, juste après sa naissance. Le petit n’avait pas de nom et le vieux ne lui en avait pas encore trouvé, la coutume voulant que l’enfant soit nommé à ses douze ans.
Sa onzième année toucherait à sa fin lorsque le soleil se serait couché. L’événement était à la fois synonyme de joie et de tristesse. Car cela signifiait que le petit serait obligé de partir. En effet, il allait devoir suivre la formation ouvrière. Elle avait été imposée par les Abyssiens qui faisaient travailler les humains dans leurs mines et plus rarement à des postes militaires ou administratifs peu élevés.
Le vieux était assis dans un confortable fauteuil installé dans le salon de sa demeure. Il savait que ce jour était son dernier avec lui et souhaitait le fêter convenablement. Il attendit de l’entendre se lever de son lit avant de l’appeler :
"Pourrais-tu descendre me rejoindre s'il te plaît ?
- J'arrive papa, fit le jeune garçon.
- Tu sais quel jour nous sommes, pas vrai ?
- C'est mon anniversaire, c'est ça ?
- Oui, tu as désormais douze ans. Je vais donc t'offrir la seule chose que je peux. Un prénom. Et je voudrais aussi que nous passions cette dernière journée ensemble dans la forêt si cela ne te dérange pas Mash.
- Me… merci, je ne sais pas quoi te dire papa.
- Alors ne parle pas et au lieu de rester nu comme un vers, va t'habiller. N'oublie pas de te laver aussi. Et avant de t'habiller surtout !"


___________
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     La vie est dure, nous avons beau cherché à la rendre meilleure, il suffit d'un instant d'inattention, un seul moment où nous n'agissons plus pour qu'une flamme s'éteigne.
     Le temps file, parfois lentement d'autre fois rapidement. Mais pourquoi doit-il en plus de ça tout détruire sur son chemin. Tout est éphémère malgré les dires des autres. Une amitié finie toujours par mourir sans aucune raison apparente.
     Nous sommes nos propres démons, mais se combattre est inutile, le seul moyen de vaincre l'ennemi est de le connaître ainsi que de le comprendre. Connaissez-vous, écoutez-vous, respectez-vous, comprenez-vous mais surtout, ne vous blessez pas, une plaie béante et irréparable ferait son apparition au fond de vous.
     Tu cours, tu cours pour échapper à ton destin. Retourne-toi et affronte-le. La meilleur façon de vivre est de survivre.
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MessageSujet: Re: Les Fresques Ancestrales, Cycle 3   Jeu 17 Aoû 2017 - 16:39

Alyss marchait en regardant le sol pavé de la petite ville, ses mains liées nerveusement pressées contre son ventre. Cette position l’obligeait  à garder le dos légèrement vouté et la tête baissée : en effet, aux chaines qui reliaient ses poignets était nouée une corde de cuir, solidement attaché à un collier semblable à celui d’un chien qui entourait son cou. Là encore une énième corde, sertie de quelques pierreries, qui reliait la jeune fille à la main de son propriétaire.  C’était un bonhomme de grande taille et de largeur importante, arborant fièrement des manteaux de fourrures au prix astronomique, plusieurs montres d’or et de diamant, ainsi que des bijoux pour hommes tout aussi cher. Ses yeux froids contrastaient avec l’épaisse barbe brune qui lui tombait sur la poitrine, et qui lui donnait un air de gros nounours. Il s’appelait Gregory Larnikov. C’était un Abyssien riche, qui, comme  vous pouvez le deviner, aimait par-dessus tout montrer au monde ses possessions. Pour lui, Alyss n’était rien de plus qu’un énième objet de collection.

La jeune fille était habillée d’une jolie robe noire qui lui recouvrait entièrement les bras et les jambes, pour cacher les différentes marques qui s’y trouvait. Même la cicatrice qui lui barrait le nez n’était pas visible, cachée par son épaisse chevelure brune qui lui voilait le visage.  Garder la tête baissée n’était pas des plus pratiques, mais Alyss n’avait pas le choix. En effet quand, un peu plus tôt dans la matinée, on était venue lui donner sa ration de nourriture – deux tranches de pains et une bouteille d’eau – elle avait décidé d’apporter la moitié à un de ses précieux amis. Le seul, en vérité. Elle avait donc glissé discrètement sa tranche de pain et le reste de son eau sous son ample robe ; pour empêcher tout cela de tomber quand elle se déplaçait, elle était obligée de garder ses mains à proximité.

Les deux silhouettes continuèrent d’avancer au pas de course, quittant peu à peu les belles allées remplies d’Abyssiens bien habillés pour rejoindre les quartiers des simples humains. Une multitude de petits carrés en bêton gris, muni d’une fenêtre et d’une porte, au-dessus de laquelle trônait une série de chiffres.  Sur une plaquette en plastique blanc, plusieurs numéros figurait. C’était, dans l’ordre, le mot qui qualifiait la famille qui vivait là – Alyss, ne sachant pas lire, ignorait si cette suite de lettres avait un sens-, puis le matricule des résidents. Car les humains, aux yeux des Abyssiens, n’étaient que des outils, et ne méritaient pas d’avoir un nom. Ce qui n’empêchait pas aux parents de nouveaux nés de leur en donner un.
La brune s’arrêta devant l’une des maisons, identiques à toutes les autres, à une exception près : il y avait sur la façade un grand panneau blanc. Dessus, en rouge, était écrit : RESIDENTS DEPORTES. C’était la maison d’Alyss. Là où elle vivait avec sa mère, son père et sa sœur, avant d’être acheté il y a des années de cela. Elle ne comprenait pas le sens des mots figurant sur l’affiche, mais elle savait d’expérience que si l’écriture était rouge, alors ce n’était rien de bon. Soudain, un râle s’échappa d’entre les lèvres de Monsieur Larnikov, et il tira un bon coup sur la corde qu’il avait entre les doigts. Alyss fut tirée en avant d’un seul coup, se faisant pas la même étranglée par le collier. Le bonhomme joufflu saisit une mèche brune de la jeune fille et la ramena vers lui au maximum, lui arrachant un gémissement.

- Cesse donc de trainer ainsi ! Il est presque l’heure de mon rendez-vous. Je te promets que si tu t’arrêtes encore une fois sans que je te dise de le faire, tu auras droit au fouet. Et peu importe que l’on soit en pleine rue. M’as-tu bien compris ?
- Oui, monsieur, murmura Alyss.
- Bien.

Larnikov la lâcha et continua son chemin. Alyss le suivit, le regard sombre et la tête basse.
La zone d’habitation fut rapidement remplacée par une forêt de pin. Deux chemins se présentaient : celui réservé aux Abyssiens, fait de pierre et comportant des escaliers de marbre. L’autre était pour les mineurs, seulement fait de terre battue. Seul quelques pieux, plantés au milieu du chemin, aidaient les humains dans les montés ou les descentes.  Larnikov traina Alyss derrière lui vers le chemin de pierre. Rapidement, ils arrivèrent à l’abord de la mine. Une grande arche accueillait chaque visiteurs, qu’ils soient humains ou Abyssiens. Lucio une fois avait dit à la brune qu’il y était écrit « Bienvenue à la grande mine d’Erydor ». Larnikov, voyant au loin l’un de ses camarades qui était contremaitre dans la mine, attacha distraitement Alyss à l’un des poteaux prévu à cet effet à l’entrée de la grotte et fila sur la terrasse sur restaurant où les employés Abyssiens allaient déjeuner.

La brune attendit que son « Maitre » soit hors de vue puis, lentement, leva les mains vers l’attache. Elle défit le nœud avec précaution, de sorte à ce que la corde ne s’effile pas. La brune prit une grande inspiration, jetant un regard nerveux autour d’elle, espérant que personne ne l’ai vu. C’est la dernière fois que je fais ce genre de chose, songea-t-elle. Ensuite, je suivrais les règles. Sans un bruit, la jeune fille s’enfonça dans les profondeurs de la mine.

Après avoir erré un moment dans les galeries, faisant de son mieux pour éviter les Surveillants, Alyss trouva enfin la personne qu’elle cherchait. Elle s’approcha de l’homme au torse nu et maculé de cicatrice et à la peau mat. Elle hésita un instant avant de souffler :

- Lucio.

L’homme grogna s’arrêta un instant puis grogna, sans se retourner, pensant à une hallucination dû à la fatigue. La brune l’appela donc de nouveau, plus fort.

- Lucio !

Cette fois-ci, le mineur se retourna pour de bon. Il resta un moment silencieux, un air surpris sur le visage.

- Alyss.. ? C’est bien toi .. ?
- Tu connais une autre personne avec une aussi belle cicatrice sur le nez ?


Lucio l’observa un instant, puis grimaça.

- Ils ne t’ont vraiment pas loupé… Ca fait si longtemps, et pourtant elle n’a toujours pas disparue…

Alyss haussa les épaules, les traits de son visage s’animant peu à peu. Ici, dans les grottes sombres de la mine, la jeune fille semblait se retrouver. La fougue qui l’avait depuis longtemps quittée semblait refluer en elle, chassant le vide et la tristesse douloureuse qui  avait envahi son cœur.

- Oh, je prends ça comme une cicatrice de guerre tu sais. Une preuve qu’ils ne peuvent pas tout contrôler tout le temps.

Un silence gênant s’installa entre eux deux, Lucio étudiant Alyss avec attention – s’attardant surtout sur toutes les chaines qui l’entravaient-, Alyss observant la mine d’un œil sombre. Des flashes de sa vie passée dansaient devant ses yeux. Les gouttes de sueurs sur le front, le bois rugueux du manche de son outil dans ses mains. Les échardes sur les doigts, le poids de la pioche qui pesait sur le dos et les épaules, les cris cassants des Surveillant, les coups de fouets, les nombreux morts, les bousculades pour remonter lorsqu’une explosion avait lieu à l’autre bout de la mine.
Mais il y avait aussi les rires discrets lors de la pause déjeuné avec les camarades, les soirées près du feu passées avec sa famille, les bras de sa mère, la voix de sa sœur, et la main de son père lui caressant doucement les cheveux. En comparaison aux humiliations fréquentes, à la pièce froide sans fenêtre, au silence pesant des journées ou l’on ne voulait pas de sa présence, à son lit de paille et aux punitions – qui faisaient aussi office de spectacle – devant toute la famille et les amis des Larnikov… Quelle vie était la mieux ? Celle qu’elle vivait auparavant ? Ou celle qu’elle avait maintenant ?
Une main se posant sur son épaule la sortie de sa rêverie, et elle releva la tête vers son ami.

- Est-ce que tout va bien Alyss ?
- Euh…O-oui. Oui bien sûr.


Lucio secoua la tête, fronçant les sourcils. Il n’avait pourtant pas rêvé l’air blessé de la jeune fille, ses yeux larmoyants et ses épaules doucement se voûter.

- Tu es comme une fille pour moi Alyss. Tu peux me parler si quelque chose te tracasse.
- Il n’y a rien, grogna la brune tout en chassant la main de Lucio. Enfin, j’ai entendu dire que le contremaitre avait encore baissé vos rations, alors…

Alyss sortit la nourriture qu’elle avait jusque-là gardé précieusement et la fourra dans les bras de Lucio. Celui-ci observa un moment les vivres, abasourdit, avant de relevé la tête.

- Merci Alyss… Je… Merci. Vraiment.
- C’est rien. Je sais que tu tiens beaucoup à ta fille, donc…


Le silence se réinstalla de nouveau entre les deux amis, et la mine d’Alyss redevint de nouveau vide. Elle ne voulait pas rentrer, rien que l’idée de se retrouver de nouveau dans cette chambre noire, coupée du monde jusqu’à ce qu’on se rappel de son existence… Cela lui donnait envie de vomir et de se planter une pioche dans le crâne. La cloche qui annonçait 13h résonna dans la mine. Alyss sursauta, puis resta tétanisée. Il est déjà si tard ? Prise de panique, elle fit volte face et fila vers la sortie sans même dire au revoir Lucio. Elle se souvint -trop tard - qu'elle aurait voulu demander à son ami ce qu'il y avait écrit sur la maison de sa famille. Une douleur aigu lui taillada le ventre, mais elle chassa ses peurs. Ce n'était pas le moment de penser à ça. Son cœur battait à cent à l’heure tandis qu’elle forçait ses jambes à la porter toujours plus vite. Je vous en supplie, pourvu qu’il ne se soit pas aperçu de mon absence ! Elle était encore très loin de la sortie, et  ne s’était finalement pas si éloignée que ça de Lucio. Rester sans bouger plusieurs jours de suite n’avait pas contribué à la garder dans une bonne forme physique… Soudain, butant sur une grosse pierre, elle perdit l’équilibre et s’étala par terre de tout son long, juste devant une mineuse. En relevant la tête, elle se rendit compte que c’était Erica.

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Dernière édition par Haruka le Jeu 17 Aoû 2017 - 19:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les Fresques Ancestrales, Cycle 3   Ven 18 Aoû 2017 - 10:52

PDV Erica :

Elle ne l'avait pas remarquée quand elle était passée la première fois, trop absorbée à sa tâche. Ne penser à rien, garder l'esprit vide. Si l'on commence à réfléchir, c'est le début de la fin. Trop de désespoir, une "vie" n'étant qu'en fait une longue agonie, prolongée sur toute l'existence. La naissance signe l'arrêt de mort.
Elle fut cependant tirée de son état second par le choc que produisit le corps en tombant. En se retournant, elle vit qu'il s'agissait d'Alyss. Erica avait toujours trouvé un air de ressemblance entre elles deux : les mêmes cheveux bruns épais (même si ceux d'Erica étaient souvent coupés, pour éviter qu'ils ne se prennent dans la roche), la même corpulence, la même lueur de volonté farouche de sortir de l'esclavage. Mais Alyss avait en plus sa cicatrice, et elle avait déjà quitté les mines.
Jetant un bref coup d'oeil en arrière, elle se dépêcha de poser sa pioche et aider la jeune fille à se relever. Elle la tira avec elle à travers les galeries, et fut étonnée de sa propre vitesse, quand elle s'aperçut qu'Alyss avait du mal à suivre la cadence. Elle serra les dents et tint son bras plus fort. Au milieu d'un couloir, elle s'arrêta brusquement face à la paroi, et chercha des mains le passage. Elle fut soulagée quand ses doigts trouvèrent enfin la fissure, dans laquelle elle s'engagea. Il fallut une minute entière pour parcourir les quelques dix mètres, mais les murs étaient si rapprochés qu'il fallait avancer de biais, pas par pas, le dos et le ventre constamment au contact de la paroi. Enfin, la lumière, filtrant à travers un buisson masquant l'entrée. Vérifiant que la voie était libre, elle entraîna Alyss à sa suite, aussi vite que possible, afin de rejoindre le chemin de terre. De là, elle prit un air aussi naturel que possible, tout du moins naturel pour une mineuse. Enfin l'embranchement avec le chemin de pierres. Elle n'avait pas le droit d'y aller. Devait-elle rompre la règle ? Elle ne serait pas la première. Regardant autour, elle ne vit personne. Elle se tourna vers Alyss, et la corde qu'elle avait encore autour des poignets et tenait à la main. Avec un grognement pour elle-même, elle lui fit signe de la suivre, et se hâta sur le chemin. Heureusement, le pilier n'était pas loin. Elle saisit la corde, et entreprit e refaire le noeud. Alyss l'appela en chuchotant, et Erica tourna les yeux. Son coeur accéléra quand elle vit le seigneur abyssien marcher dans leur direction. Mais il était encore en pleine conversation avec une autre personne, de sorte qu'il ne regardait pas vers elles. Avec beaucoup de chance, il ne les aurait pas encore vues. Finissant le noeud, elle glissa quelques mots à l'oreille d'Alyss :

"Fais attention. Je ne veux pas que mon père ait à nouveau des problèmes. A chaque incident, c'est la section entière qui reçoit la punition. Sois prudente, pour nous... comme pour toi."

Sans un regard elle repartit, car elle n'avait plus de temps à perdre. Tant que l'adrénaline nourrissait ses muscles, elle devait en profiter. Arrivée à l'embranchement, elle se permit quelques instants de pause, avant de regagner le passage secret qui permettait un peu d'évasion de temps en temps. En passant à côté de son père, ils se serrèrent brièvement la main. Un réconfort dont elle avait besoin. Elle avait hâte que la journée se finisse, qu'elle puisse enfin dormir. Pour recommencer exactement le même mouvement incessant de pioche le lendemain. Ou presque. Elle se rappela soudain l'évènement devant avoir lieu : l'arrivée des nouveaux mineurs. Même si une vie terrible commençaient pour eux, ceux déjà présents bénéficiaient de quelques heures de repos, le temps d'assister au rituel. Ce n'était encore une fois qu'un supplice supplémentaire : cela réveillait les souvenirs de l'existence antérieure, et le fait qu'on pouvait avoir des sentiments, n'être pas les robots qu'ils étaient. Et eux-mêmes revivaient pour la plupart leur terrifiante arrivée.



Au loin, un homme souriait en observant l'abyssien détacher son esclave. Il avait assisté à toute la scène précédente, depuis son point d'observation. Mais il n'était pas encore temps de le dévoiler, ni au noble, ni à son supérieur. Il trouverait l'occasion idéale. Pour le moment, il avait des mineurs à aller fouetter.

___________
"Laisse le tourbillon de tes émotions t'emporter, il guidera
ta plume sur le papier, pour faire du rêve une part de réalité.
Un but inatteignable, c'est le fascinant cadeau de l'écriture,
qui devient poison dès que l'on s'en approche un peu trop."


Ask

Merci à ma petite Haruka chérie pour cette merveilleuse signature que j'aime beaucoup,
l'atmosphère qui s'en dégage est sublime *-*
Un superbe cadeau pour mes 16 ans... ♥️
Spoiler:
 


Un autre grand merci à Haruka pour ces deux signatures et cet avatar,
offerts pour les 17 ans.
Le temps passe mais je t'aime toujours autant ♥️
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Les Fresques Ancestrales, Cycle 3   Lun 25 Déc 2017 - 0:10

Le sang battait dans les tempes d'Alyss tandis que ses jambes tremblaient, convulsaient presque, autant sous l'effet de la peur que de la course qu'elle venait d'effectuer. Elle n'avait pas réalisé jusqu'à présent que la force physique qu'elle avait développé toute ces années dans les mines avait été réduite à néant depuis qu'elle était devenue une vulgaire esclave...un jouet pour les riches Abyssiens. Ce n'était pas chose facile que de se rendre compte que, en plus de son esprit, son corps aussi avec été brisé. Que lui restait-il donc de cette fille forte et courageuse qu'elle était jadis..?
Elle se retint de se retourner pour regarder Erika s'enfoncer de nouveau dans les profondeurs de la mine : un regard dans sa direction équivalait à un risque qu'elle se fasse prendre dans sa fuite. Les paroles de l’adolescente tournoyaient dans sa tête. Avait-elle bien fait d'apporter ces vivres à son vieille ami, d'effectuer cette dernière bravade à l'autorité ? En se rappelant l'allure squelettique de Lucio, la réponse s'imposa d'elle-même. Cette action- à la symbolique macabre pour la jeune fille, car elle disait par la même adieu à son envie brûlante de liberté - aura au moins aidé une vieille connaissance.

Alyss ferma les yeux, s'obligeant à reprendre une respiration régulière tandis que la voix de son propriétaire se faisait de plus en plus distincte et que les larmes menaçaient de couler. Une infime partie de la jeune esclave, minuscule voix essayant de s'imposer au sentiment d'abandon et de résiliation qui la submergeait, réclamait encore vengeance et liberté. Il n'était pas dur pour Alyss de faire taire ce murmure, bien que cela lui était très douloureux.
Une seconde voix parvint aux oreilles de l'adolescente. C’était un autre homme, conversant avec son maître. Sa voix était grave, angoissante, et procurait à Alyss des sueurs froides. Elle se remit à trembler de plus belle, un sentiment de peur  l’emplissant petit à petit sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Son regard  se tourna automatiquement dans la direction des deux Abyssiens, et cette légère peur se mua en terreur. Elle ouvrit la bouche comme pour hurler, mais aucuns sons ne franchirent ses lèvres. Des scènes du passé se superposaient à la réalité : le fouet, les cris enthousiasme de la foule, le sang. La douleur : atroce, insupportable. Elle se sentit frêle d’un coup, en proie à des souvenirs qu’elle avait tenté d’oublier, d’enfuir au plus profond d’elle. Elle recula le plus possible, allant jusqu’à s’étrangler avec son collier pour mettre le plus de distance entre elle et l’Abyssien qui s’était mis à sourire en voyant les réactions de la jeune fille.

- Hey bien Grégory, il semble que ta petite protégée ne m’a pas oublié !
- Oh, cela m’aurait étonné Monsieur Orgario !

L’un des contremaîtres les plus puissants de la mine, un Abyssien riche et influant même au-delà d’Erydor : Alastir Orgario. Alyss se recroquevilla sur elle-même tandis que son maître se hâtait de la détacher. Il adressa encore quelques phrases à son ami que la jeune fille n’entendit pas, trop concentrée qu’elle était à contrôler ses tremblements. Un mot cependant su se frayer un chemin à travers sa peur : « soirée ». Alyss releva la tête, son cœur battant la chamade. Elle avait dû mal entendre…Oui, c’était surement cela…Elle se concentra sur la conversation :

- Que diriez-vous d’y assister Monsieur Orgario ? Cela vous rappellera sans doute d’excellents souvenirs !
- Hum… Je ne sais pas trop.  Mon travail occupe beaucoup de mon temps libre, et j’aimerais pouvoir me relaxer quand cela est possible. Et puis, je ne porte pas grand intérêt à ce type évènement.
- Oh, je pense que nous nous sommes mal compris. Je parle ici de ce type de soirée…


Les yeux d’Alastir s’illuminèrent quand il comprit enfin de quoi parlait Gregory. Un grand sourire se dessina sur ses lèvres, tandis qu’il posa un œil cruel sur la jeune fille qui était totalement tétanisée, un air de pure horreur sur le visage.

- Eh bien, si c’est cela je ne peux refuser cette offre !
- Parfait !


L’Abyssien se pencha vers le contremaître pour lui indiquer les coordonnées du lieu de spectacle, avant de se séparer de son comparse et de trainer Alyss sur le chemin de pierre.

Il n'y avait plus rien pour Alyss que l'obscurité, et les bruits étouffés de la foule. Son maître lui avait mit plus tôt un sac de toile noir charbon sur la tête, avant de la refourguer, pour partir accueillir ses invité, à l'un de ses domestique Abyssien. Celui n'osait pas vraiment la toucher et laissait échapper un râle de dégoût à chaque fois qu'il était contraint de lui toucher l'épaule pour la faire tourner dans une direction ou un autre. Alyss elle pilait net parfois, tétanisée, refusant de faire un pas de plus. Mais le claquement d'un fouet près de sa cuisse la remettait toujours très rapidement en route. Ils mirent ce qui paru une éternité à la jeune fille pour arrivé devant la façade d'un énorme bâtiment. La jeune esclave n'avaient aucunes idées d'à quoi il ressemblait - aucun humain n'avait le droit d'observer les grandes constructions Abyssiennes -, mais connaissait néanmoins sa fonction. C'était une salle de spectacle, qu'elle devinait gigantesque par l'écho impressionnant que ne manquait jamais de provoquer ses pas dès qu'elle foulait le sol en marbre de la battisse. De ce qu'elle en avait entendu, il y avait ici des Abyssiens talentueux qui venaient raconter des histoires en chantant. Parfois aussi certain venaient avec de petits panneaux blancs et dessinaient dessus avec de minuscules brosses en forme de bâtons. Mais ce n'était pas pour ces choses qu'Alyss connaissait ce lieu, non, l'endroit où elle se rendait à chacune de ses visites ici était le sous-sol. L'ambiance s'y faisait pesante, que ce ne soit par le grand nombre de personne présentes ou l'odeur irritante de l'alcool et de la cigarette. L'endroit regorgeaient d'homme surtout, à la voix grasse et désagréable. En voyant Alyss traverser la pièce devant eux, certains en profitaient pour lui mettre une petite claque sur les fesses en riant, tandis que d'autres posaient leur mains dans des endroits moins appropriés.  Cela amusait beaucoup son escorte, qui ne voyait pas où était le mal, et qui se joignait donc aux éclats de rire général. La jeune fille retenait avec peine ses larme et ses tremblements. Elle n'était pas de base attirée par les hommes, mais ceux ci lui donnait l'envie de vomir, de fuir le plus loin possible. Mais dès qu'elle faisait mine d’accélérer le pas, le contact de la longue lanière en cuire sur sa jambe la faisait immédiatement ralentir. Comme à chaque fois qu'elle venait ici, elle n'avait pas d'autre choix que de subir.

On la traîna ensuite dans ce que tout le monde autour d'elle appelait les "coulisses". Il y avait beaucoup moins de monde ici, les bruits étaient bien plus étouffés. On la fourrait dans une cage étroite où elle ne pouvait pas s'asseoir, et elle attendait. Alyss savait pertinemment ce qui l'attendait ensuite, mais fit de son mieux pour ne pas y penser. Elle récitait à voix basse, telle une prière, une vieille comptine que sa mère lui fredonnait quand elle était enfant. Autour d'elle, d'autre esclaves humains étaient placés dans des cages puis emmenés sur la scène. Seuls les nouveaux esclaves se fatiguaient à crier et à tentaient de briser leur barreaux. Cela ne servait à rien : il n'y avait pas d’échappatoires.
Enfin ce fut le tour d'Alyss. Un membre du Staff vint la chercher, la traînant sans ménagement jusqu'àune lourde porte en métal. Une fois qu'elle eu été franchit, un vacarme sans nom agressa les oreilles de la jeune fille. Il devait y avoir la une centaine de personne, criant des choses qu'elle ne comprenait pas. Elle se fit traîner sur quelques mètres encore, puis se fit attacher les poignets et les jambes, de sorte à ce que tous ces membres soient tendu. Le silence se fit soudain. Alyss pouvait sentir le regard brûlant de tout ces gens posés sur elle. Elle se mit à trembler et serra les dents pour ne pas se mettre à pleurer. On lui ôta le sac qui se trouvait sur sa tête et elle pu enfin voir son "public". Un petit espace VIP où se trouvait une vingtaine de personnes avait été crée au pied de l'estrade. Le reste du monde présent dans la salle était debout, tournés vers elle. Une femme arriva en poussant un chariot comportant différents accessoires. Elle se munit de ciseaux pour découper dans la longueur la robe d'Alyss tandis qu'un homme montait sur l'estrade sous les applaudissement du public.

- Mesdames et messieurs, je vous présente à présent le sujet n°6218O6, propriété de notre cher ami Gregory Larnikov.


Il y eut de nouveau des applaudissement, tandis que Larnikov saluait en rougissant. Le présentateur fit un signe à son assistante qui dégagea les lambeaux de robe qui recouvraient encore Alyss, la rendant totalement nue. Des ricanements et des sifflements fusèrent dans la salle. La jeune fille ferma les yeux, peinant de plus en plus à retenir ses larmes.

- Mes amis, que le spectacle commence !

Quand la femme fit se tourner Alyss de sorte à ce que son dos soit visible du publique, la jeune fille comprit ce qui l'attendait. Le fouet s'abattit encore et encore sur ses épaules, lui arrachant de plus en plus de cris. Les plaies pourpres devenaient moins visible tandis que le dos de la jeune fille se transformait en bouillie rouge vif. Quand le bourreau s'arrêta pour admirer son oeuvre, Alyss s'était mise à pleurer depuis longtemps déjà, tremblant de tout son corps tandis qu'elle reprenait son souffle en hoquetant. Du sang avait éclaboussé le plancher, ce qui fit sourire l'homme au fouet.Il claqua des doigts, et un petit garçon s'empressa de lui apporter une longue tige en métal. Le bout était rouge et semblable à une sorte de L entouré d'un drôle de signe semblable à un œil.

- Votre attention s'il vous plait ! Comme vous le savez, cela va faire 2 ans que Larnikov a fait acquisition de cette esclave. Vous et moi savons ce que cela signifie... Ce cher monsieur a insisté pour que cet événement soit fait aujourd'hui, devant vos yeux !


La foule se mit à hurler, à siffler et à applaudire, hystérique. On tourna Alyss sur le côté, et l'on détacha son poignet droit pour le ramener contre son flanc. La jeune fille se laissa faire, indifférente. Ça ne peut pas être pire que ce que je viens de vivre, pensa t-elle. L'homme se rapprocha, saisit son bras d'une main et appliqua l'extrémité de la tige en métal sur son épaule. Une immense douleur transperça la jeune fille tandis qu'elle avait l'impression de brûler vivante. Son hurlement de douleur couvrit tous les autres bruits, se frayant même un passage jusqu'à l'extérieur. La douleur était telle qu'elle sombra dans l'obscurité.

    
Le signe:
 

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Dernière édition par Xilya le Mer 27 Déc 2017 - 0:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Fresques Ancestrales, Cycle 3   Mar 26 Déc 2017 - 16:57

À la naissance de l’humanité, les premières créatures vivantes apparaissaient. Se délectant des douces joies de la vie, il ne fallut que d’une poignée de minutes pour qu’ils ne découvrent le sentiment du mécontentement, jusqu’à celui du désespoir causé par la mort de leur semblable. L’aube des croyances, au cours des décennies, a transformé ce sinistre phénomène en une libération vers un monde meilleur, tel le paradis, ou vers des dimensions plus obscures, telle le Marevu. Les vivants avaient beau croire en ce qu’ils souhaitaient, la chute du Mereti et la prise au pouvoir par les Abyssiens avait chamboulé l’ordre logique des choses. Nombre d’âmes perdues, trop accrochées à leur vie avant leur mort, ne parvenaient pas à atteindre le monde qui leur était destiné. Perdues, elles restaient à errer sur Mereti, sans aide ni échappatoire jusqu’à devenir des monstres ne vivant que pour s’attaquer aux autres. Un jour, les esprits encore dotés de conscience, alarmés par cette décadence, s’allièrent et réunirent tout le pouvoir qu’ils possédaient pour créer de leur propre main un dieu capable de les sauver. Ce jour fut celui de la naissance du dénommé Xiyal, Dieu des morts.

Les sectes les plus influenceuses de ce monde racontèrent que la première terre foulée par le pied de leur idole, à présent si convoitée, fut celle d’un champ de bataille. Là où la guerre était sanglante, froide et sans aucun répit. Sur ce territoire boueux criblé par les balles de plomb, il était possible de distinguer la silhouette naissante de Xiyal. Amenée par des cris de gloire venant des ciels et des tréfonds - suite à l’attente de ses créateurs devenus adorateurs - sa forme, énigmatique, était vaporeuse dans la pénombre et irrémédiablement calme dans le vacarme des tirs. Un être dont on ne savait dire s’il était spectre ou humain tellement il se confondait dans les deux. Si son corps et son visage tachetés de cendre semblaient parfois insaisissables, son regard noirâtre sans iris ni pupille n’était alors guère perturbé par les Hommes acharnés au combat alentour. Sa première conquête était devant lui, premier cadeau et première preuve de son existence. Il s’agissait d’un soldat accroché aux dernières secondes de sa vie, pendu à l’épaule de son camarade de bataillon. Sous leur casque, ils s’effondrèrent. Forcés de constater l’inévitable, ils s’abandonnèrent, laissant l’esseulé ensanglanté aux mains du Dieu de la mort. Ses pas, créant de légers nuages de cendre au-dessus du sol, se dirigèrent lentement vers le mourant. Il s’agenouilla en observant curieusement la terreur dans la vue du soldat, puis souffla ses premiers mots : « Ne crains rien,  tu es désormais libéré de ce monde, viens avec moi. ». De ses doigts, le dieu ferma doucement les paupières de celui qui venait de mourir à l’instant. Son visage, inquiet, suivait l’âme qu’il venait d’enlever traverser les airs et se fondre dans les cendres qu’il dégageait. Xiyal sentit cette vie étrangère à la sienne défiler dans son esprit, de la naissance jusqu’à la fin, de la première fierté jusqu’au dernier désespoir, des premières larmes jusqu’aux derniers sourires. Soudainement, une intense euphorie gagnait ses sens, une légère addiction dans une immensité délirante. Puis, remit de cet état second, il disparut sans qu’aucun combattant autour n’ait aperçu quoi que ce soit.

En parallèle, les âmes conscientes coincées sur Mereti furent libérées une à une. Néanmoins, les monstres dont l’atrocité avait rongé toute humanité, persistaient à rester. Ils se cachaient dans les recoins de leur univers, tout en semant la panique en atteignant le monde des vivants. Accablé par ce gâchis, Xiyal ordonna aux créatures d’arrêter, et le silence fut rétabli. Terrifiés, les monstres se présentèrent d’eux même aux pieds du dieu pour implorer leur libération. Il accepta et le monde fut débarrassé de toutes âmes errantes, pour son plus grand plaisir.

Les siècles se succédèrent comme les morts défilaient devant ses yeux. Comprenant que ses futures âmes ne souhaitaient nullement voir son apparence terrifiante avant l’heure fatidique de la mort, il ne fit que rarement usage de sa forme originelle. Dans ce monde où Humain et Abyssien ne réussissaient qu’à peine à cohabiter ensemble, Xiyal était vu soi comme une légende urbaine, soi comme un véritable espoir par les sectes qui l’adulait en secret. Certains racontèrent que le Dieu de la mort se montrait sous la forme illusoire d’une créature surnaturelle ou d’un être aimé. Mais aucun ne crut leur discours, convaincu qu’il ne s’agissait là que d’une légende inventée de toute pièce pour embellir la mort. Xiyal riait bien de ces êtres qui ne croyaient pas en ce qui était pourtant la vérité. « Quels êtres si naïfs et si précieux à la fois. », pensait-il. Le dieu qui emportait les âmes avait un cœur d’or pour ceux qu’il rencontrait tous les jours, mais sa maline - presque malsaine - impatience était décuplée quand il s’agissait de créatures plus importantes que d’autres régnant dans les parages. En effet : les infâmes, les bienfaiteurs, les dirigeants, les cruels et les importants méritaient selon lui un traitement de choix. Plusieurs d’entre eux savent - à l’issue d’une vision ou d’une tentative de mort ratée - qu’ils seront les seules âmes que Xiyal viendra chercher lui-même, avec ou sans illusion.

Il savait que ses actes étaient parfois d’une injustice profonde, mais la cohabitation avec le désir qu’il ressentait était bien plus cruelle encore. Xiyal, Dieu de la mort, se contentait alors de soulever les âmes vers d’autres univers sans faire croître la moindre lueur d’empathie en lui.

Un jour, l’heure d’une nouvelle âme était venue. Qu’importe les circonstances qui ne l’intéressaient que trop peu, il concentra son attention sur la femme dont il était question pour s’infiltrer dans son esprit, et créer en elle l’illusion de ses parents auprès d’elle. Cependant, il sentait autour de sa proie une menace qu’il n’appréciait pas : un attroupement de vivant s’était agglutiné autour d’elle, sans doute éprit de curiosité. Xiyal, dans un instant de faiblesse et d’impatience, infligea à tous une vision inconfortable, puis un seul mot : « Partez. ». Déstabilisés ou horrifiés, les individus s’en allèrent du corps inanimé, enfin libéré de son âme. Le dieu remarqua étrangement que l’un des mortels n’était pas encore partit. Pourquoi un vivant restait-il ainsi face à ses visions ? Qui diable était-il ?
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MessageSujet: Re: Les Fresques Ancestrales, Cycle 3   Mer 27 Déc 2017 - 1:01

Elle nota distraitement les résultats sur son cahier tout en gardant les yeux dans le microscope. Rien d’intéressant. Comme depuis les deux derniers mois. L’IRCSAPED n’avançait pas. Cet Institut de Recherche des Capacités Scientifiques Abyssiennes Pour l’Elévation Divine avait été l’une des premières infrastructures mises en place, et son rôle était central, bien que peu souvent évoqué. Et elle, Erina, faisait partie de la haute hiérarchie. Elle dirigeait un secteur entier, celui de la biologie. Ils avaient plusieurs objectifs majeurs, comme de comprendre la constitution des Dieux, les différences selon l’importance du rang de chacun d’eux, ainsi que les écarts entre ces êtres magiques supérieurs et eux, Abyssiens. Ils étudiaient aussi les changements avec les habitants du Mereti. Les échantillons de tissus appartenant aux dieux étaient quasi inexistants, et pour cette raison elle avait décidé d’être la seule autorisée à mener les recherches dessus. L’objet de son attention depuis plusieurs semaines était une relique, un fragment de métal blanc sur lequel se distinguait une petite tache de sang. Le bâtiment humain et caché dans lequel il avait été trouvé contenait également un manuscrit, décrivant ce minuscule éclat comme appartenant à l’épée du Dieu du Bien, tombé sur le Mereti lors de son affrontement contre la Déesse du Mal, à cause de la violence des chocs entre les deux armes. Le dernier paragraphe soulevait l’hypothèse de la présence d’un morceau de l’arme jumelle, selon la règle de l’Equilibre. Mais les recherches engagées par l’IRCSAPED n’avaient pour le moment rien donné.
Elle regarda l’horloge et soupira. Déjà si tard. Elle rangea le matériel, et se pencha sur ses notes de la journée pour les relire. Dans son dos, un homme entra dans le laboratoire d’un pas décidé, et l’enlaça pendant qu’il déposait un baiser dans son cou.
« Je me demande bien pourquoi tu passes ton temps à faire tout ça.
-Parce qu’il faut bien que ce soit fait. Les erreurs du passé ne doivent pas être répétées, Abyssia ne peut sombrer à nouveau. Pour ça il faut comprendre ce que sont les dieux, pour les contrer.
-Mais il existe tout un tas de scientifiques pour ces études. Tu pourrais te contenter de faire ce que tu aimes sans te gâcher la vie ici.
-Ça m’intéresse. Si ça n’était pas le cas je ne le ferais pas.
-Menteuse. Si c’était vraiment le cas tu en serais heureuse. Or depuis quelques temps tu rentres fatiguée et la mine fermée. Je ne te veux pas comme ça. Je ne travaille pas pour rentrer et avoir ça. Ce n’est pas la femme dont j’ai envie.
-C’est juste temporaire rassure-toi. Un mauvais moment, parce que rien n’avance plus. Et je commence à perdre patience.
-Alors prends du recul. Un peu de repos. Personne n’aura rien à dire. Tu es toute seule sur ce projet, qui est indépendant des autres. Tu es haut placé. Et s’il le faut je pourrais toujours dire deux mots à quelques connaissances.
-Je pense pouvoir m’en sortir seule. Mais tu as raison, lâcher prise ne devrait pas me faire de mal.
-Tu vois.
-Je vais réduire un peu mes horaires, quitte à ne venir que le matin.
-…
-Quoi ?
-Tant que tu te reprends un peu plus en main, ça me va.
-Ne t’inquiète pas. Je vais tenir cette résolution.
-Commence dès maintenant.
-Comment ça ?
-L’un de mes subalternes m’a proposé un certain type de soirée… Aujourd’hui justement.
-C’est toi l’invité…
-Allons, que serais-je en soirée mondaine sans ma merveilleuse femme ? Et puis il serait hors de question, par simple principe, que les dames soient refusées. L’invitation m’a peut-être été faite, mais c’était implicite pour toi aussi. Je serais même dans l’embarras si tu ne viens pas, les gens ont toujours l’habitude de nous voir ensemble.
-Si ma présence est tant désirée…
-Tu sais bien que ce n’est pas que ta présence que je désire.
-Tu n’as pas trop peur des autres hommes ?
-Certains sont aussi mariés. Et pour ceux qui auraient le regard un peu trop baladeur, je saurai les remettre à leur place. Tu es à moi.
-Alors rentrons. Il faut que je prenne le temps de me préparer pour être convenable. »

Quelques heures plus tard, le couple était prêt à partir. A l’entrée de la salle Grégory Larnikov vint les accueillir personnellement.
« Monsieur Orgario, votre présence ce soir me fait grand plaisir. Et votre femme est splendide. Erina, vous faites réellement honneur à votre réputation. Peu de dames peuvent se vanter d’avoir votre élégance et votre prestance. Vous êtes l’objet de beaucoup de convoitises, et dans cette magnifique robe vous allez encore déclencher les passions ce soir.
-Je vous remercie. Votre soirée mérite un minimum d’habillement.
-Mais je vous en prie, laissez-moi vous montrer vos places. Vous êtes mes invités d’honneur ce soir. »
Il les mena aux meilleurs emplacements de la salle, tandis que les autres invités les suivaient du regard, certains avec discrétion, d’autres avec condescendance. Alastir posa sa main sur la taille de sa femme avec une assurance un peu trop appuyée pour n’être qu’un geste naturel. L’attention sur eux diminua légèrement. Le spectacle débuta peu de temps après. Erina ne l’apprécia que passablement. Elle n’était pour la vérité pas très friande de ce genre de divertissement, car il n’apportait rien pour ses recherches, qui occupaient de manière quasi ininterrompue son esprit, malgré ses efforts pour les en chasser. Ainsi elle s’ennuya, mais n’en détourna pas pour autant son attention. Surtout quand l’humaine perdit conscience, et que Grégory Larnikov s’avança sur la scène.
« Je tenais à dédier cette soirée à un hôte de marque, nous faisant l’honneur de sa présence. M. Orgario. Sans oublier sa femme, mais comment une telle merveille pourrait-elle échapper à nos regards, je me le demande bien. De ce fait, je vous invite M. Orgario à venir vous-même si vous le souhaitez, marquer et vous amuser avec cette fille. »
Un tonnerre d’applaudissements s’éleva tandis que l’invité se levait. Il se tourna vers l’assistance et la remercia d’un léger mouvement de tête. Il ne se pressa pas, et fit un baisemain à sa femme avant de rejoindre l’humaine sur scène. Parmi les accessoires il choisit un couteau assez court. Il fit un geste à l’assistant, et celui-ci réveilla Alyss en lui jetant dessus un seau d’eau. Il la tourna ensuite pour qu’elle soit de nouveau face au public. Avec un sourire cruel et des yeux avides, Alastir lui montra l’outil. Il l’approcha lentement de son visage, et suivit l’exact tracé de la cicatrice sur son nez, lui infligeant une nouvelle plaie. Ce fut comme un retour dans le passé. Il se délecta des souvenirs qu’il vit défiler dans les yeux de sa victime. C’est ce qu’il voulait. Puis il reposa tranquillement l’objet sanglant et retourna vers sa femme. Ensemble, considérant que le spectacle était fini, ils quittèrent la salle sans se préoccuper des autres personnes présentes, et rentrèrent chez eux terminer la soirée de manière plus intime.

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MessageSujet: Re: Les Fresques Ancestrales, Cycle 3   Dim 31 Déc 2017 - 0:08

Mash grimpa à toute vitesse vers sa chambre, située au seul étage de l'humble bâtisse. Cette dernière était unique, bien différente des autres, construites par les Abyssiens. Elle était plus petite, en bois, et était lourdement chargée en meubles.
La chambre du jeune garçon se limitait cependant à un lit plutôt confortable, et une immense bibliothèque croulant sous les livres anciens.
Mash ne portait sur lui qu'un simple t-shirt, lequel était sa tenue dans la majorité des occasions. Lorsqu'il fallait sortir ou qu'il faisait réellement froid, il enfilait un pantalon. Mais les sous-vêtements lui étaient inconnus. Les habits auto-nettoyants fournis par les abyssiens n'en contenaient pas de toute manière.
Ces derniers, bien que tortionnaires de l'espèce humaine, n'appréciaient guère la crasse et les maladies, aussi, du moins dans cette communauté, ils avaient opté pour cette solution. Les rumeurs disaient même que la Clairière était le village le plus favorisé et le mieux traité. En comparaison il se disait à voix basse que dans certains lieux, les humains vivaient nus. Aussi les habitants de la Clairière s'estimaient heureux et ne se plaignaient que peu de leurs conditions de vie.
Le jeune garçon enfila en vitesse son pantalon, et retourna auprès du vieux. Ensemble ils sortirent de la maison, et prirent la direction de la forêt. C'était leur havre de paix. Le vent soufflait dans les branches, mimant une douce mélodie comme pour apaiser la souffrance du monde.
Le vieux lui raconta des histoires sur de mythiques créatures aujourd'hui disparues. Il lui parla des elfes d'abord, puis des nymphes. Au son de la voix du vieil homme, Mash s'endormit, le visage doucement éclairé par un rayon de soleil perçant le ciel gris. Pour cette raison, il ne remarqua pas la silhouette féminine qui sortit de l'ombre à l'instant même où il fermait les yeux.
"Carya, souffla le vieux, as-tu réussi à trouver ce que je t'ai demandé ?
- Ne t'en fais pas, je l'ai."
Mash ne sut pas non plus quel était cet objet, ni ce qu'en fit le vieil homme.
Quand il se réveilla, le vieux était assis à ses côtés.
"Le soleil est bas, fit-il.
- Oui, nous devrions rentrer."
La petite famille retourna chez elle tranquillement. Ils mangèrent leur pauvre bouillon, et Mash prépara ses affaires pour son départ. Quand il eut fini, il partit se laver pour la deuxième fois de la journée. Il ne savait pas quelles seraient les conditions de vie là où il allait. Il lui fallait donc profiter du moindre plaisir.
Il sortit en courant, nu et trempé, de la salle de bain et se précipita dans sa chambre tandis que le vieux soupirait à la vue du sol mouillé. Mash sauta sur son lit et observa en détails chaque recoin de cette pièce qui l'avait vu grandir, et il fixa l'ensemble dans sa mémoire. Il se glissa sous les draps et embrassa paisiblement les bras de Morphée.
Un bruit sourd et violent le réveilla. On toquait à la porte. Mash savait ce que cela signifiait. On venait le chercher. Il s'habilla en vitesse et dévala les marches tout aussi rapidement. Le vieil homme avait déjà ouvert la porte. Le jeune garçon en profita pour remonter chercher ses affaires. Il se présenta finalement devant les Abyssiens, quelques minutes plus tard.
"C'est toi Mash, demanda sèchement l'un des soldats.
- Oui.
- Suis-nous."
L'enfant jeta un dernier coup d'œil au vieil homme et lui sauta au cou. Des larmes coulaient sur les joues des deux. Chacun savait que bien plus qu'un au revoir, cette scène était un adieu.
Ils firent monter Mash dans une voiture. Elle était banale et ressemblait à celles qu'il avait déjà vu rouler dans son village, conduisant des Abyssiens peu doués en magie là où ils le souhaitaient.
Le véhicule entra en mouvement. Le jeune garçon apercevait le paysage défiler à travers la fenêtre, ainsi que quelques rayons de soleil aux teintes rouge-orangé perçant le ciel gris. La journée ne faisait que commencer.
Mash était entouré par les deux soldats venus le chercher, et un troisième Abyssien conduisait. Aucun ne daignait le regarder, et encore moi lui parler.
"Être obligé de circuler dans une chose aussi rudimentaire, c'est insupportable, soupira l'un d'eux.
- Plains-toi auprès du commandement. Pour eux, un téléportail est une faille de sécurité trop importante par les temps actuels. Les dieux encore libres rodent. Ils guettent la moindre faiblesse de notre part pour nous attaquer.
- Humpf, notre technologie est bien supérieure à leur magie dépassée.
- Dois-je te rappeler comment fonctionne notre technologie ? Grâce à la magie. De plus tu ne devrais pas sous-estimer des dieux. Ils sont puissants, dangereux, et prêts à tout pour nous vaincre. J'étais comme toi avant. Et cela a bien failli me coûter la vie.
- Un peu de tenue vous deux, on arrive. Il faut être irréprochable, les interrompit le chauffeur."
Le métal craqua au-dessus de leur tête. Il ployait lentement sous l'effet d'une force invisible, comme si une créature venait de bondir dessus. Un grincement résonna dans la voiture alors que ses parois étaient rayées par une lame aiguisée. Mash ne savait pas ce qu'il se passait, mais les Abyssiens étaient terrifiés.
"Tout es de ta faute, abruti, pesta le conducteur.
- Tu parles à qui, demande l'un des soldats à l'arrière.
- A toi ! Tu les as insultés, sous-estimés, et ils viennent venger leur honneur.
- Pff, le camp est à quelques pas, on n'a rien à crain…"
Il ne put terminer sa phrase. Il s'était mis à cracher du sang et s'étouffer avec lorsqu'une faux était apparue, plantée dans son cœur.
"Merde ! Ils ont eu Flyr ! Rath, faut qu'on sorte d'ici, c'est la faucheuse !"
Mash fut pris de tremblements alors que Azraël fauchait les soldats restants. Les cris résonnaient, mais le sang ne coulait plus. La faux tranchait directement leur âme.
Des cheveux roux apparurent, pendant directement sur le visage de Mash. Deux mains gantées d'un cuir noir se matérialisèrent ensuite. Elles caressaient tendrement les joues du jeune garçon. Elles lui agrippèrent délicatement le visage tandis que la face de la déesse prenait finalement forme devant les yeux apeurés de Mash.
"Quel joli enfant tu fais. Tu es à croquer. Dommage que je ne puisse te prendre pour moi, mon chou. Tu as déjà été marqué par lui. Il t'a choisi. C'est déjà ça de gagné, cela signifie que nous nous reverrons, et peut-être plus tôt que tu ne le crois."
Et le monde de Mash sombra dans l'obscurité.

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MessageSujet: Re: Les Fresques Ancestrales, Cycle 3   Dim 31 Déc 2017 - 19:38

La foule resta silencieuse, retenant son souffle, quand Alastir Orgario gravit lentement les marches de l'estrade vers Larnikov et son esclave. Tous les regards étaient posés sur lui, tous étaient dans l'attente de ce qu'il allait faire. Quand celui-ci saisit une lame et rouvrit la vieille cicatrice d'Alyss, des murmures de mécontentement fusèrent dans la foule. Les murmures se transformèrent en cris dès que le couple eut quitté la salle :

- Mais qu'est ce que c'est que ça ?
- Alors c'est CA que vous appelez du spectacle ? Une petite coupure ?
- C'est pitoyable !
- Me dites pas qu'on a payé pour ce final quand même ?
- Mais quelle arnaque !


Les cris insurgés des invités continuèrent à prendre de l’ampleur. Les Abyssiens regroupés ici, poussés comme des barbares par leur envies de sang et de violence, étaient totalement passés à côté de la mine désespéré d'Alyss. Pour la jeune fille, c'était comme si la terre s'était ouverte sous elle : des flash de la punition publique qu'elle avait subit avant de devenir esclave et des jours de tortures qui avaient précédés dansaient devant ses yeux. Elle baissa la tête, ignorant le sang qui lui coulait dans les yeux, et poussa un gémissement qui se noya dans la cacophonie générale.
Larnikov, paniqué devant le mécontentement bruyant de ses invités et craignant de se mettre les familles nobles réunies ici à dos, leva les bras au ciel pour demander l'attention. Comme cela ne marchait pas, il prit une grande inspiration avant d'hurler :

- Mesdames, Messieurs, calmez vous ! Ce n'est bien entendu pas la fin du spectacle ! Calmez vous !


Les Abyssiens se turent peu à peu, certains poussant des soupirs de soulagement, d'autres continuant de murmurer entre eux. Larnikov saisit un mouchoir de sa poche et épongea la sueur qui commençait à perler sur son front. Alors, quoi, maintenant ? Il avait compté sur Alastir pour fournir un final exceptionnel, mais sa prestation était plus que décevante. Il comprenait sans mal la frustration de ses invités, mais n'avait rien prévu d'autre...Il jeta un regard dans la direction d'Alyss, qui s'était mise à pleurer, les yeux fermés, et à trembler violemment. Ses poings se serraient et de desserraient à un rythme régulier. Soudain, Larnikov eut une idée. Bien mon petit Gregory, se dit-il, c'est ton tour de briller ! Il fit un signe de la main et un jeune homme en costume s'approcha de lui. Il lui murmura quelques choses à l'oreille; le garçon hocha la tête avant de disparaître dans les coulisses. Il revint quelques minutes après avec une petite table, munie d'une attache qui était visiblement faite pour maintenir un bras et une main. Leur curiosité piquée à vif, les quelques personnes qui s'étaient levés, déçues et prêtes à partir, se rassirent.
La femme qui avait avait déshabillé Alyss plutôt revint pour placer le bras gauche de la jeune fille sur la petite table, veillant à attacher solidement son bras et sa main, de sorte à ce qu'elle ne puisse pas bouger d'un seul millimètre. L'esclave ouvrit les yeux et releva la tête, mais était dans un tel état mental qu'elle fut incapable de comprendre ce qu'on était en train de lui faire, et encore moins de deviner ce qu'elle s'apprêtait à subir. Larnikov, le torse bombé, saisit une petit scie et s'approcha de la petite table. Quand il posa les dent de l'outil sur la base du petit doigt d'Alyss, le publique, erratique, se mit à hurler son contentement. Mais les cris de l'esclave quand Larnikov commença à bouger l'outil de droite à gauche dominèrent facilement le vacarme ambiant. Alyss criait à plein poumons, les joues couvertes de larmes et les yeux exorbités. La douleur fut-elle qu'au bout de quelques minutes seulement, plus aucuns sons ne sortirent de sa bouche, bien que celle ci fut grande ouverte, figée dans un rictus d'intense souffrance. Quand elle manquait de s'évanouir, la femme lui jetait à la figure un seau d'eau glacé salé, qui réveillait ses sens ainsi que la douleur de son entaille au visage. Au bout d'une vingtaine de minutes de calvaire, le doigt fut enfin coupé. Le corps entier d'Alyss convulsait, couvert de sueur et de sang. Les larmes coulaient abondamment de ses yeux qui ne semblaient plus vouloir se fermer. Elle semblait comme brisée, écrasée sous le poids du supplice qu'elle venait de vivre.
Ignorant le supplice de son esclave, Larnikov se tourna, triomphant vers la foule en délire. Il lança le doigt dans son publique, avant de réaliser une profonde révérence.

___________
NEVER FORGOT

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~ Live, okay ? ~
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"Expressing your feelings is perfectly natural. You shouldn't feel ashamed at all. [...] Train your heart by crying, laughing, and venting your anger, Himiko."
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MessageSujet: Re: Les Fresques Ancestrales, Cycle 3   Dim 31 Déc 2017 - 21:27

Elle fut réveillée en sursaut par la sonnerie de son communicateur. Alastir grogna à côté d’elle, mais elle n’y prêta pas attention. Cette ligne était réservée aux appels d’urgence. Elle se redressa et répondit, alerte :
« Oui ?
-Venez au plus vite, nous en avons un.
-Je vous demande pardon ?
-Nos équipes ont réussi à capturer l’un des dieux. Une faucheuse. Nous avons perdu des effectifs, elle est plus proche de la mort que de la vie, mais son transport vers votre unité est déjà en cours.
-Bien j’arrive. »
Un frisson d’excitation la parcourut. Enfin ses recherches allaient pouvoir avancer. Elle fit le chemin en un temps record. Une cage recouverte d’un tissu épais l’attendait, avec un garde. Elle enleva la protection et découvrit l’être qui y était. Recouvert de sang, le sien et celui d’autres, elle était repliée sur elle-même, cachée sous ses ailes. D’épaisses chaînes la contraignaient également à l’immobilité.
« Faites attention, même dans cet état elle reste dangereuse.
-Je sais. Mais vous pouvez me laisser je sais ce que je fais. »
Une fois seule l’abyssienne prit plusieurs outils et effectua divers prélèvements, sang, peau, etc, sur différentes parties du corps de la déesse, en prenant garde à toujours rester hors de portée. Mais la faucheuse ne réagit pas. Erina sortit ensuite et héla l’homme qui l’attendait hors de son bureau.
« Qui est-elle ?
-Elle était accompagnée quand on l’a trouvée, et en fouillant dans nos registres nous sommes presque sûrs de son identité. Il s’agirait de Chizu, Faucheuse, et fille de Nakãra. Elle possède également d’autres titres…
-Non c’est bon j’en ai assez entendu. Soignez-la.
-Je vous demande pardon ?
-Vous m’avez parfaitement entendue.
-Mais c’est incongru ! Vous voulez aider un Dieu ?
-Comment peut-elle me servir d’objet d’étude si elle est morte ? Prenez toutes les mesures nécessaires, même s’il faut la sortir de sa cage. Peu m’importe. Mais remettez-le sur pieds. C’est moi qui dirige ce département. »
L’homme partit sans un mot. Elle retourna auprès de la cage et s’installa devant, puis se mit à parler à la Faucheuse, toujours cachée presque intégralement sous ses ailes, sans savoir si elle était consciente ou non.
« Ne t’inquiète pas tu ne vas pas mourir. Toi et moi avons à parler. »

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MessageSujet: Re: Les Fresques Ancestrales, Cycle 3   Dim 31 Déc 2017 - 22:12

[Post qu'on va faire à 2 avec isa]

L'équipe demandée arriva un peu plus d'une heure après. Ils prirent de multiples précautions, notamment de nombreuses anesthésies afin qu'elle ne puisse répliquer. Ils se saisirent de la déesse, et enfin elle fut dévoilée à la chercheuse tandis qu'ils l'installaient. Ou plus exactement qu'ils l’enchaînaient plus étroitement encore afin d'empêcher toute fuite.
Quand on l'a sortit de sa cage, Chizu ouvrit un œil. Elle avait quitté la cage bien trop petite pour elle pour se retrouver à moitié traînée,
vers le milieu d'une grande pièce en verre. Elle leva discrètement la tête pour regarder le plafond : elle fut étonnée de voir le ciel, bleu sans aucun nuage.
Elle tenta de bouger, très légèrement, mais si la poigne déjà solide sur son bras qui se raffermit un peu plus ne suffit pas à la dissuader de gigoter, la douleur qui irradia dans tout son corps le fit. La souffrance la fit tituber quelque peut, obligeant l'homme et la femme qui la soutenait à appeler une troisième personne à la rescousse. Chizu ne comprenait pas se qui se passait, ni où elle se trouvait. Le dernier souvenir qu'elle avait était une immense masse s'abattant sur son crâne, une minuscule cage où on l'avait enfermé, et un autre coup ( dans la nuque cette fois : on l'avait frappé par derrière avec un pied de chaise quand elle avait tenté de se rebiffer. Elle aurait préféré oublier cet événement ) qui lui avait fait reperdre connaissance.
Elle ouvrit l'autre œil, dans l'espoir d'avoir des réponses. Elle put apercevoir quelques bureaux sur les bord de la pièce, auquel étaient assis une quinzaine de personne.
D'autre s'affairait à d'autre activité, rentrant et sortant de la pièce qui semblait se trouver derrière la jeune déesse. Et au milieu de la pièce...
Les muscles de Chizu se crispèrent. Il y avait la une table, ainsi que des menottes.
A côté de la table, un peu plus loin, se trouvait des chaînes, deux courtes et deux plus longues. Le tout ressemblait aux salles d'examen du Labo du Paradis. Et ce spectacle de plaisait pas, mais alors pas du tout à Chizu. Arrivés devant la table, d'autre personnes munies de seringues s'approchèrent. L'esprit encore légèrement brumeux, elle ne pu contenir sa panique, qui lui donna une poussée d'adrénaline qui lui fit oublier la douleur. Elle déploya entièrement son aile gauche et balaya avec violence trois des chercheurs qui se trouvaient à ses côté, les envoyant valser contre l'un des bureaux en verre qui vola en éclat. Avec une vitesse dont elle ne se croyait elle même incapable au vu de ses blessures, elle se jeta sur l'un des morceaux coupant pour ensuite le lancer dans la gorge d'une femme qui s'approchait d'elle avec trois hommes. L'un deux bondit en avant pour se placer derrière elle et lui ceinturer les bras, dans l'espoir que cela l'empêcherait de bouger. Chizu rugit de rage, se débattant violemment. Les deux autre chercheurs, persuadé que toute menace était écartée, trottinèrent vers eux. Leur vulnérabilité permit à Chizu de les enflammer, de ces fameuses flammes noires qui dévorent le corps et l'âme. La personne derrière elle émit un hoquet de stupeur, tandis que ses deux compagnons prenaient feu sous ses yeux, souffrant trop pour ne serait-ce qu'émettre un son. La jeune fille profita de cet instant pour se retourner : possédée par la terreur, ne réfléchissant plus, elle fit la première chose qui lui passa à l'esprit : se jeter sur l'homme pour le mordre de toute ses force à la gorge.
Elle dû le lâcher peut après cependant, la douleur vive de ses blessures s'imposant peu à peu à sa conscience. Elle tomba à genoux, n'osant plus bouger un muscle par peur de raviver encore un peu plus sa souffrance, en sueur et tremblante. Elle ferma les yeux, elle même étonnée de ce qu'elle avait pu accomplir, se maudissant aussi car elle sentait que plusieurs de ses blessures s'étaient rouvertes. Elle avait terriblement mal à présent...et cette douleur se mêlait à un engourdissement progressif de ses muscles. Ce n'est pas normal, pensa t-elle, de nouveau paniquée. Elle tenta de bouger la main, de l'amener au niveau de son visage. Impossible. Son corps la lâcha d'un coup, la faisant chuter sur son flanc droit. Elle poussa un hurlement de douleur quand son aile droite rencontra violemment le sol.
Elle n'avait pas immédiatement compris la scène se déroulant sous ses yeux. Elle ne réagit que lorsque la déesse planta la morceau de verre dans la gorge de l'une des femmes. Elle recula alors prestement, ou plutôt fut poussée en arrière par des membres de l'équipe se déployant devant et autour d'elle pour la protéger. Si Erina ne pensait pas à mouvoir son corps, c'est qu'en réalité elle était trop absorbée par le spectacle. L'excitation la gagna. Pour la première fois elle pouvait observée de près l'un de ces êtres divins. En pleine action. Une infinie de possibilités et d'avancées défilaient sous ses yeux. Elle était presque en transe, déconnectée du massacre ayant lieu. Quand enfin le calme revint, quelques secondes s'écoulèrent encore avant que le personnel ose bouger. Alors que certains s'approchaient, elle cria pour les arrêter. Un brusque élan d'égoïsme et de paranoïa l'avait fait avoir ce ton excessivement empressé. Les regards interrogateurs que certains se jetaient en était le signe. Mais elle était au-dessus de ces considérations. Alors que la déesse était toujours immobilisée au sol, mais consciente, elle s'approcha à pas lents d'elle. L'abyssienne tendit la main et caressa avidement les plumes de son aile, et en choisit une qu'elle arracha. Alors qu'elle la rapprochait de son visage, elle se désintégra sous ses yeux, se transformant en légère poussière grise s'élevant légèrement et se dissipant quelques centimètres plus haut. Il ne restait absolument rien entre ses doigts. Elle sélectionna deux autres plumes, l'une abîmée et l'autre intacte, mais le phénomène fut exactement le même. Elle fronça les sourcils, et alla chercher des instruments pour ne pas avoir de contact direct avec la jeune fille. Le seul changement fut un temps d'existence un peu rallongé. Plus intriguée que mécontente,
elle alla vérifier les tissus relevés avant. Mais il n'y avait rien. Comme si les récipients attendaient simplement d'être utilisés.
Elle s'assit à son bureau et se mit à réfléchir. Essayant de se raccrocher à la situation. Quelques secondes plus tard elle releva la tête, et ordonna sèchement à tous de quitter la salle. Aux récalcitrants elle n'hésita pas à opposer sa place et celle de son époux.
Résistance disparut. Elle vérifia encore tous les systèmes de défense, puis vint s'installer à même le sol, en face de la déesse.
Pour la première fois, elle la regarda vraiment, et lui prêta attention. Pour la première fois elle la considéra comme un être vivant à part entière, un individu, et non un support de recherches. Ses yeux parcoururent son corps, mais cherchèrent surtout le regard de la jeune fille.
"Je suis désolée pour ce qui t'a été fait. Mais c'était la seule solution. nous voulons étudier les dieux, mais eux ne le veulent pas.
La paix ne peut résoudre cette situation. Et te concernant il apparaît que nous ayons gagné. Mais je ne te veux aucune mal,
crois-moi. Mon but n'est pas de te torturer ou te tuer. Je veux juste... comprendre. C'est tout. Le reste, les conséquences des découvertes ne m'intéressent pas. Tu vas m'aider ? Il n'y aurait même pas besoin des outils et prélèvements je pense. Pour le moment je veux simplement discuter. En savoir plus sur toi et les autres. Je sais déjà que tu es Chizu, une déesse apparut récemment dans l'ordre. Inférieure à Kao et Nakãra, mais étant la fille de cette dernière tu as une place assez particulière. Notre monde a été isolé si je puis dire pendant un long moment, ainsi nos archives sont loin d'être à jour. Et te concernant les informations dont nous disposons sont donc assez maigres. Tu es aussi une Faucheuse. Mais pas la seule. Nous ignorons cependant ton rang, s'il existe seulement une hiérarchie pour les titulaires de ce titre. Aide-moi, aide-moi à comprendre. Aide-moi à TE comprendre."
Chizu se tendit quand la chercheuse s'approcha d'elle. Elle voulu reculer, l'attaquer, faire n'importe quoi qui empêcherait cette folle de rester à ses côtés. Mais elle n'arrivait pas a bouger : c'est comme si tout ses muscles étaient...morts.
Alors elle se contenta de lui lancer un regard noir, l'étudiant attentivement. Un petit sourire apparut sur son visage quand elle vit l'air interloquer de la femme quand ses plumes disparurent d'entre ses mains. Que croyait-elle ? Qu'elle la laisserait faire ses expériences tranquillement sans qu'elle ne résiste ? Cela était hors de question. Seuls les personnes ayant l'autorisation du Dieu - à moins que cet être soit plus puissant que la dite divinité - peuvent garder des tissus ou plume lui appartenant. Enfin, avec le peu d'information que possédait les Abyssiens, Chizu doutait qu'il sache cette information...
Elle écouta d'une oreille le discours de la chercheuse. Qu'essayait-elle de faire ? De l'amadouer ? De lui faire croire qu'elle ne faisait tout ça que pour assouvir sa curiosité ? La prenait-elle pour une idiote ? Même si cela était vrai, la croyait-elle indifférente au point de lâcher à ses ennemis des informations pouvant être utilisées contre son propre camp ? Que de naïveté ! Un rire échappa à Chizu, qui se transforma rapidement en quinte de toux. Du sang sortit de sa bouche, tâchant le sol blanc de la pièce. Son état était pire qu'auparavant, avec sa folie de plus tôt... Elle grimaça

- Abyssienne, grogna t-elle difficilement avec dédain, le peu de contes que tu possèdes à mon sujet me décrivent-ils comme une idiote naïve ?

-Le problème justement, c'est que nous savons bien peu de choses sur toi. Un peu plus sur ta mère et son frère ou compagnon, les récits ne s'accordent pas sur ce point, et toutes nos archives ne sont pas intactes. Mais tu restes un mystère. Mes motivations peuvent te sembler bien dérisoires ou même farfelues, mais elles sont pourtant bien réelles, et rien de plus que ce dont je t'ai fait part. Ma vie est dédiée à l compréhension. je ne suis pas celle qui créé les armes ni les utilise. Je suppose de toute manière qu'il va te falloir un peu de temps avant de me faire confiance, si jamais tu t'y décides un jour."
Son ton était neutre, ne transmettant aucune émotion particulière. Elle se leva, et profitant de la paralysie de la déesse, l'installa dans les menottes, en les amenant à elle, et réglant toutefois la longueur des chaînes afin que la jeune fille reste au sol, et ait un peu de liberté de mouvement. Elle sortit ensuite de la pièce, et revient plusieurs minutes plus tard, poussant un chariot recouvert d'une bâche. Elle la ôta, révélant les divers outils posés dessus. Elle prit un bout de tissu, l'imbiba d'un produit, et le pressa contre l'une des blessures. Elle fit de même avec les autres coupures et coups qui saignaient. Puis elle retira les textiles, mais n'en avait pas fini pour autant. Elle se saisit de plusieurs tubes, et veilla à ce que la pâte qui en sortit recouvrit intégralement le centre et les bords d'une blessure avant de passer à la suivante.
"J'ai besoin de toi en vie. Si tu ne veux pas coopérer, je vais devoir y aller par tâtonnements. Tu es la première déesse que nous pouvons réellement étudier, du moins depuis notre renaissance, et notre installation dans ce monde. Nous ne savons donc pas vraiment l'effet des produits, ni leur efficacité. Tout n'est que théorie. Parfois erronée, j'ai pu le voir tout à l'heure. Nous allons pouvoir tester en direct nos hypothèses sur ceux-ci. Il serait regrettable mais très fort probable que nous ayons sous-estimé un paramètre lors des étude, et que ceci impacte le temps d'action. Auquel cas ta guérison sera plus lente encore, mais plus rapide toutefois que si je ne les utilisais pas."


Incapable de bouger, la jeune fille était contrainte de se laisser faire. Les produits appliqués ravivait parfois vivement la douleur de ses plaies, mais elle se contentait alors de serrer les dents. Elle resta silencieuse ensuite, songeuse. Les Abyssiens en connaissait bien moins sur eux que ce que Nakara et Kao pensaient : leur avantage n'était que technologique. Leur soit disant connaissances avancées sur les Dieux n'était donc que bluff... La question maintenant était : leur technologie était-elle suffisante pour tirer des réponses d'elle, ou sa volonté était-elle suffisante pour garder ses secrets cachés ? Elle pourrait toujours, au bout de quelques semaines, faire mine d'accorder sa confiance à cette chercheuse et lui dévoiler à mi-voix, la mine coupable, de fausses vérités. Cela lui donnera le temps d'en apprendre plus sur leur capacités, sur ce qu'ils savent et ce qu'ils ne savent pas, et de trouver un moyen de faire passer ces informations aux autres divinité, ou même mieux, de s'enfuir. Dans le pire des cas, elle leur ferait juste perdre un temps colossal.
Elle continua de réfléchir aux différentes possibilités qui s'offraient à elle, tout en observant la femme qui s'affairait à la soigner. Elle comprenait parfaitement sa curiosité : elle même s'était démenée des mois dans un laboratoire pour tenter de comprendre, en vain, les secrets qui entourait l'apparition et la création de nouvelles forces magiques. Mais même si ses questionnements étaient légitimes et compréhensibles, cela ne changerait en rien le fait que les informations qu'elle pourrait recevoir seraient utilisées à mauvais escient. Certes elle n'était pas celle qui concevait et maniait les armes, mais elle aidait de par les informations qu'elle glanait à leur conception. Elle n'ignorait pas cela et, de ce fait, elle était aussi coupable que tous les autres...elle méritait le même sort.

___________
"Laisse le tourbillon de tes émotions t'emporter, il guidera
ta plume sur le papier, pour faire du rêve une part de réalité.
Un but inatteignable, c'est le fascinant cadeau de l'écriture,
qui devient poison dès que l'on s'en approche un peu trop."


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l'atmosphère qui s'en dégage est sublime *-*
Un superbe cadeau pour mes 16 ans... ♥️
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Un autre grand merci à Haruka pour ces deux signatures et cet avatar,
offerts pour les 17 ans.
Le temps passe mais je t'aime toujours autant ♥️
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MessageSujet: Re: Les Fresques Ancestrales, Cycle 3   Lun 22 Jan 2018 - 14:56

Maria faisait lentement glisser une pierre à aiguiser sur la lame de sa faux. Le son qui en résultait lui caressait les oreilles, et la transportait dans son passé.
Elle avait traversé les époques avec cette arme, et ce depuis que Nakãra lui avait arraché son Julien. Combien d'âmes avait-elle emportées avec ? Combien de vie tranchées et retirées de la trame de l'univers ? Maria se releva et rejeta ses longs cheveux roux en arrière. D'un geste rapide elle dématérialisa sa faux.
La déesse embrassait les lieux du regard. C'était son oeuvre. Après la disparition de Julien il y a plus d'un siècle, elle avait créé, sans but. La chute de l'humanité et des dieux lui en avait donné un nouveau. Maria, la grande faucheuse, avait alors bâti pierre par pierre une Résistance. Longtemps elle lutta seule, puis la majeure partir des autres dieux présents sur le Mereti se joignit à elle. Et avec eux, des humains et quelques autres créatures, seuls et loin de leur monde originel.
-Virh, dit-elle, tu peux me donner l'heure s'il te plait ?
Virh était un daytia. L'un des derniers encore vivants sur le Mereti. Il luttait avec elle pratiquement depuis le début. Son acharnement et sa capacité sans pareille à envoyer l'âme des abyssiens dans les tréfonds de la mort lui avaient valu le surnom de "Bourreau des Abysses".
-Hum, grogna-t-il, j'en sais rien du tout. Laisse-moi regarder.
Il posa la hache dont il prenait soin et jeta un coup d'oeil à un vieux pendule.
-14h. Faut se mettre en route si on veut arriver à temps. D'après les infos c'est une soirée. Ça devrait débuter vers 18h.
-Réunis les autres. On décolle.
Une petite équipe, parée pour le combat et composée d'une dizaine de membres hétéroclites, se retrouva au sein d'un aéronef totalement invisible de l'extérieur. Le pilote manquait à l'appel.
Maria sortit la tête par un hublot et chercha ce dernier du regard.Elle en profita pour inspecter de loin l'état du plafond.
-Lauréna ! Tu te dépêches, hurla Maria. On va être en retard.
Plus loin en contrebas, une forme lointaine s'agitait. Elle brassait l'air avec ses bras.
-J'arrive, s’époumona Lauréna, je suis désolée, la porte des toilettes s'était encore bloquée. Il faudra vraiment que je la répare.
-Tais-toi et cours, ria Maria.
Lauréna arriva finalement aux commandes, essoufflée par sa longue course.
-On s'envole, fit-elle joyeusement, ouvrez le toit !
Maria fit signe à Nolan, son bras droit, cuisiner et homme à tout faire d'enclencher le mécanisme.
Un grondement sourd de moteur, et quelques claquements métalliques plus tard, la lumière du soleil couchant pénétra le hangar, et l'aéronef décolla.
L'équipe se répéta plusieurs fois le plan d'action, pour limiter au maximum les erreurs :
Lauréna resterait aux commandes, parée à fuser au loin si la fuite s'avérait nécessaire. Solenn prendrait la tête d'une escouade de quatre, direction le labo. L'escouade aurait pour mission de s'y infiltrer et libérer Chizu.
Virh irait avec trois autres aux mines pour mettre en place l'évacuation des mineurs.
Maria prendrait la direction de la ville avec Isabelle. Ce n'était pas le vrai nom de l'elfe, mais tout le monde la nommait ainsi. C'était plus simple que son nom elfique. Une fois dans la vile, Maria irait s'occuper du spectacle, et Isabelle des esclaves.
La nuit était tombée. Les résistants étaient à leur poste. Maria fixait le ciel, qui autrefois avait été une lumineuse voûte céleste. Mais, voilà que depuis plus d'un siècle, depuis que le Mereti avait fusionné avec Abyssia et que les différents mondes avaient été connectés; il était désespérément exempt de toute lumière. Les étoiles étaient tombées dans l'oubli.
"Il est temps" se dit Maria. Elle faisait résonner ses talons sur les pavés du chemin menant à son objectif. Maria se laissait envahir par son pouvoir. Une fois encore la démone aux cheveux de feu allait se déchaîne. la grande Faucheuse. Azraël.
La déesse matérialisa sa faux puis se glissa dans les ombres. Elle resta dans ce monde empli de ténèbres jusqu'à atteindre la salle de spectacle. Les abyssiens s'étaient tous massés, pour assister à cette cruelle et pitoyable comédie de torture.
Une pauvre humaine était traitée comme un objet de divertissement que l'on pouvait découper. Maria grimpa jusqu'au balcon et se plaça dans le dos d'un gros et fortuné habitant de cette répugnante bourgade. Alors que le spectacle continuait sur scène, Azraël débuta son office. Sans un bruit, sans une goutte de sang, elle faucha la vie du tas de graisse. Elle élimina ainsi l'ensemble du balcon. Personne ne l'avait remarquée. Tous étaient trop subjugués par la lame de la scie qui s'approchait lentement et sans grande assurance du doigt de la pauvre fille. La faucheuse commença à vider les sièges des carrés les plus éloignés de la scène. Des cris. De joie. Les abyssiens étaient comme hypnotisés par les dents de la scie qui entamaient la découpe de la chair. Le sang entama sa chute. Un travail de boucher. A l'opposé de la finesse dont faisait preuve Azraël.
Il ne restait plus qu'à vider l'Orchestre. La scie était au milieu de l'os, et le sang giclait désormais. La salle s'emplissait d'applaudissements. Larnikov terminait son oeuvre, et la faucheuse suivait son rythme. Le doigt tomba au sol. Un bruit de chute qui aurait dû être couvert par les acclamations des spectateurs résonna dans la salle vide. La vie du dernier abyssien venait d'être séparée de son attache, à jamais.
Seuls mortels à vivre encore, la jeune humaine et Larnikov s'étaient pétrifiés à la vue d'Azraël. Sa réputation la précédait. Intérieurement, le riche abyssien remerciait le vénérable Apollyon que sa femme fusse sortie avant la fin du spectacle. Il fallait dire que le final allait être assez différent de tout ce qu'il avait pu prévoir. L'humaine finit par s'effondrer ai sol. La perte de sang et la douleur avaient rempli leur propre office.
(Vous, hideuse vermine abyssienne, si vous voulez vivre, portez la gamine et suivez moi snas histoire, déclara Maria.
La folie meurtrière était passée. Azraë enterrée sous Maria. La femme rousse poussa Larnikov, qui portait son fardeau, vers la sortie.
En cours de trajet, alors que son otage et l'humaine la suivaient, cette dernière ayant repris ses esprits, ils furent rejoints par des esclaves et Isabelle, leur sauveuse.
Ils furent le deuxième groupe à rejoindre l'aéronef. La mine avait déjà été évacuée. Il ne restait plus qu'à attendre le retour de l'escouade de Solenn...
S'infiltrer avait été plus facile que prévu. En dehors du grillage et de quelques gardes; Solenn et son escouade n'avaient rencontré aucune difficulté. les abyssiens avaient dû se croire à l'abri grâce à l'absence d'attaques de la Résistance ces derniers temps.
Les salles et les couloirs s'enchaînaient et se ressemblaient tous. Solenn fit signe de s'arrêter. Une voix venait du corridor de droite.
-Je ne te veux vraiment aucun mal mon joli petit ange divin. Je veux juste apprendre à te connaître. Toi et tous les dieux. C'est mon rêve depuis que je connais votre existence.
-Va en enfer, cracha Chizu.
Les pas s'accélérèrent. La période de discrétion était finie. L'escouade de Solenn surgit dans la pièce où était retenue Chizu. Là où la scientifique l'observait inlassablement. Aucun mot ne fut échangé. Aucune résistance. Le groupe rejoignit l'aéronef au pas de course. Retour à la base. Lauréna attendait les ordres. maria ne se fit pas attendre.
-Pilote, pleins gaz !
Tout s'était bien passé. Un poids s'envolait, loin des épaules de Maria.
Le vaisseau était plein à craquer. Tous les mineurs avaient choisi de fuir. Ce n'était cependant pas le cas des esclaves. Peu avaient suivi en dehors d'Alyss.

___________
signature kao
     La vie est dure, nous avons beau cherché à la rendre meilleure, il suffit d'un instant d'inattention, un seul moment où nous n'agissons plus pour qu'une flamme s'éteigne.
     Le temps file, parfois lentement d'autre fois rapidement. Mais pourquoi doit-il en plus de ça tout détruire sur son chemin. Tout est éphémère malgré les dires des autres. Une amitié finie toujours par mourir sans aucune raison apparente.
     Nous sommes nos propres démons, mais se combattre est inutile, le seul moyen de vaincre l'ennemi est de le connaître ainsi que de le comprendre. Connaissez-vous, écoutez-vous, respectez-vous, comprenez-vous mais surtout, ne vous blessez pas, une plaie béante et irréparable ferait son apparition au fond de vous.
     Tu cours, tu cours pour échapper à ton destin. Retourne-toi et affronte-le. La meilleur façon de vivre est de survivre.
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